Dijon est une belle ville où j’ai eu la chance de vivre quelques années pendant mes études.
Quand j’y reviens, je fais toujours une balade « pèlerinage » pour revoir les 4 logements où j’ai vécu (en 4 ans !). Je ne manque jamais également de caresser la sculpture de la Chouette, de la main gauche, pour faire un voeu (impossible de retrouver une photo de la Chouette dans mes archives). J’ai réalisé au cours de mon we que je n’avais jamais pris le temps de visiter une fabrique d’une de ses spécialités (moutarde, pain d’épices, nonnettes, cassis…). Cette année, je suis partie à la découverte de la maison Mulot & Petitjean.
La visite (9 euros/adulte avec une dégustation à la fin) permet de découvrir l’histoire de la Maison ainsi que la fabrication du pain d’épices, de la pâte mère jusqu’à l’étape du décor, à travers l’exposition de machines et d’outils d’époque. Derrière une façade vitrée, vous pouvez également observer l’équipe actuelle qui s’active pour fournir ses 500 tonnes annuelles de produits. Les spécialités sont variées. J’ai notamment acheté des nonnettes fourrées…aux poivrons…
L’origine du pain d’épices remonte à la Chine du Xe siècle (dynastie Tang), avec le « Mi-Kong », un pain énergétique à base de farine de froment et de miel. Ce pain de longue conservation servait de ration aux cavaliers mongols, notamment sous Gengis Khan au XIIIe siècle.
La recette voyage ensuite vers le Moyen-Orient, où elle se parfume d’épices orientales, puis atteint l’Europe grâce aux croisades (12 et 13ème siècles). Les monastères jouent alors un rôle clé dans la diffusion et l’adaptation des recettes.
En France, plusieurs régions s’approprient la tradition. Savez vous ce qui distingue les pains d’épices des différentes régions ? C’est sa farine en premier lieu mais également ses épices. En Bourgogne, on utilise de la farine de froment (blé) et l’épice phare est l’anis étoilé. Le citron et l’orange sont des arômes naturels également très appréciés. En Alsace, on utilise plutôt de la farine de seigle et on ajoute souvent des fruits confits. En Champagne enfin, on associe souvent farine de seigle et miel. Concernant les épices, j’ai appris lors de la visite que l’expression « payer en espèces» vient de la fin du Moyen Âge et tire son origine du mot latin species, qui signifiait à la fois « denrée », «marchandise » et … « épices » ! Les épices étaient à l’époque souvent utilisées comme monnaie d’échanges…avant les espèces.
C’est Marguerite de Flandre, épouse de Philippe le Hardi, qui aurait introduit le pain d’épices à Dijon, où il gagne en réputation dès le XIVe siècle sous Philippe le Bon.
Elle rapporte en effet dans ses bagages le « Boichet », ancêtre du pain d’épices, à base de farine de froment et de miel.
La maison est créée en 1796 par Barnabé Boittier. En 1838, Louis Mulot reprend l’affaire, puis son fils la transmet à son gendre Louis-Auguste Petitjean, déjà fabricant de pain d’épices : c’est ainsi que naît le nom Mulot & Petitjean.
L’entreprise a connu l’âge d’or de la profession puis son déclin : en 1939, quatorze maisons se partageaient encore le marché dijonnais, mais la Seconde Guerre mondiale interrompt cet essor et la production ne retrouvera jamais son niveau d’avant-guerre. En 1985, Mulot & Petitjean devient la dernière fabrique historique encore en activité.
Plus d’infos : https://mulotpetitjean.com